A l’occasion de la Journée mondiale du Fact-checking célébrée le 2 avril 2026, la plateforme Chunguza Habari appelle les populations du Sud-Kivu à faire preuve de vigilance face à la propagation croissante de fausses informations sur les réseaux sociaux, dans un contexte marqué par les conflits armés.
Dans des zones affectées comme Bukavu et Kalehe, la circulation rapide de rumeurs et de contenus non vérifiés contribue à amplifier la peur, la confusion et l’insécurité au sein des populations, notamment chez les déplacés.
Ces informations, souvent relayées sans vérification, visent parfois à manipuler l’opinion publique, attiser les tensions ou encore perturber la cohésion sociale et la cohabitation pacifique.
Douter pour mieux s’informer
Face à cette situation, Chunguza Habari recommande à la population d’adopter une attitude critique vis-à-vis des informations reçues en ligne.
« Il faut douter de toute information qui circule sur les réseaux sociaux, vérifier sa source et s’assurer qu’elle ne vise pas à nuire », insiste la plateforme.
Selon Loni Irenge, chargé de production au sein de la plateforme, la vérification des faits est une responsabilité citoyenne.
« Vérifier une information avant de la partager est un acte essentiel pour éviter la propagation de fausses nouvelles », souligne-t-il.
Un enjeu humanitaire et sécuritaire
Dans le territoire de Kalehe, plusieurs habitants interrogés dénoncent l’impact direct de la désinformation sur leur quotidien. Les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux alimentent l’angoisse et compliquent davantage une situation humanitaire déjà critique, marquée par des déplacements de populations et des violences récurrentes.
Les communautés locales appellent ainsi à une meilleure protection contre ces contenus trompeurs qui aggravent les tensions et fragilisent davantage les populations vulnérables.
Promouvoir une culture de vérification
Les acteurs engagés dans la lutte contre la désinformation encouragent : la vérification systématique des sources d’information ; le recours à des médias fiables ; la sensibilisation communautaire sur les dangers des fausses informations et la responsabilité individuelle dans le partage des contenus.
Dans un contexte de crise, où chaque information peut avoir des conséquences majeures, la lutte contre la désinformation apparaît comme un levier essentiel pour préserver la paix, renforcer la cohésion sociale et protéger les populations déjà affectées par les conflits au Sud-Kivu.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenevolencija.

