À l’occasion de la Journée internationale du vivre-ensemble en paix, célébrée chaque 16 mai, Jean Moreau Tubibu, défenseur des droits humains et acteur social de Bukavu, partage une réflexion profonde sur la manière dont les communautés peuvent construire la paix au quotidien.
Dans son message, il ne se limite pas aux seuls travaux communautaires, mais développe une vision plus large de la citoyenneté, de la solidarité et de l’appropriation des biens publics.
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Jean Moreau Tubibu insiste notamment sur l’importance de vivre dans des quartiers, villages et écoles bien assainis. Pour lui, la santé et le bien-être collectif constituent les premières bases d’une paix durable.
« Une communauté qui respire dans un environnement propre et sain est une communauté qui se sent respectée et digne. L’assainissement devient ainsi un droit fondamental, mais aussi un devoir partagé », insiste-t-il.
L’acteur social met également l’accent sur l’appropriation des ouvrages réalisés collectivement, notamment les écoles, les églises, les marchés ou encore les ponts.
« Ces infrastructures ne sont pas de simples constructions matérielles, elles incarnent l’effort collectif et la volonté de bâtir un avenir commun », explique-t-il.
Selon lui, lorsqu’une rue est propre, personne n’accepte qu’elle soit détruite ou négligée, puisqu’elle devient un bien partagé par tous.
« Cette appropriation renforce la vigilance citoyenne et la responsabilité collective », ajoute-t-il.
Jean Moreau Tubibu souligne par ailleurs que dans une ville comme Bukavu, marquée par une diversité culturelle parfois accompagnée de tensions identitaires, cette coopération représente un signal fort.
D’après lui, le vivre-ensemble en paix se traduit par la capacité des communautés à dépasser leurs différences afin de protéger et valoriser les biens publics. La diversité doit ainsi être considérée comme une richesse plutôt qu’une source de division.
Pour illustrer sa pensée, il cite les écoles, les églises et les marchés comme des espaces essentiels où se construisent les relations sociales, où les générations se rencontrent et où s’effectuent les échanges économiques et spirituels.
« La paix ne se limite pas aux accords politiques ou aux grandes déclarations internationales. Elle se construit dans les gestes simples du quotidien, dans la manière dont les citoyens s’approprient et protègent leur environnement », explique Jean Moreau Tubibu.
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Enfin, il rappelle que la paix demeure une œuvre collective, nourrie par la santé, la propreté, l’appropriation des biens publics et la coopération entre différentes communautés.
Pour cette année 2026, la thématique de la Journée internationale du vivre-ensemble en paix met l’accent sur « l’accueil et l’inclusion ».
Edith Kazamwali

